Vitrage dynamique solaire , controle solaire, maximiser lumière naturelle, limiter les apports solaires
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Mai

Vitre solaire

Article de EnerGeek, lundi 16 avril 2018. A retrouver, ici.

Panneaux solaires et petites éoliennes ne sont plus les seules solutions pour installer des unités de production d’énergies renouvelables sur les bâtiments. Après la peinture solaire destinée à récupérer l’énergie solaire sur les façades des immeubles, ce sont désormais les vitres solaires qui sont capables de participer à la production énergétique des infrastructures.

Comment fabriquer une vitre solaire ?

Plusieurs entreprises françaises sont déjà lancées dans la production de vitres solaires. Elles utilisent différentes techniques pour leurs vitrages photovoltaïques. La société SolarWindow Technologies a mis au point un revêtement liquide. Il est appliqué sur une surface en verre ou en plastique. En faisant sécher ce revêtement à basse température, on obtient un film transparent à l’oeil nu. Après plusieurs couches appliquées sur le support, le revêtement devient une couche active capable d’absorber la lumière et de produire de l’électricité. Cette surface vitrée peut servir à équiper n’importe quelle fenêtre.

Chez Sunpartner, la technique de production consiste à intercaler un film photovoltaïque entre deux plaques de verre standard. Cette solution a été pensée pour remplacer facilement les fenêtres à double vitrage. La vitre solaire mise au point par Sunpartner peut facilement être installée sur un cadre en aluminium, comme une fenêtre normale. A l’oeil nu, on ne peut d’ailleurs pas discerner les cellules photovoltaïques : pour des raisons esthétiques, le fabricant a préféré les rendre invisibles. Pourtant elles sont bien là, et elles permettent de transformer une simple fenêtre en unité de production d’électricité. Le premier prototype de vitre solaire de Sunpartner, baptisé Wysips, est sorti en 2011. Il a attiré l’attention de Vinci, qui est depuis devenu le partenaire de l’entreprise pour le développement de son activité.

La vitre solaire, déjà en vente

Si la vitre solaire peut ressembler de prime abord à une idée sortie tout droit d’un film de science fiction, elle est pourtant bel et bien une réalité. En France, où l’industrie verrière a toujours été particulièrement dynamique. En effet, la fabrication de vitres solaires remonte déjà à plusieurs années. La vente a commencé dès 2015 de manière plutôt confidentielle. Trois ans plus tard, la vitre solaire devient un vrai sujet d’intérêt pour les projets de rénovation énergétique. A Malaunay, une petite commune de Seine-Maritime, la rénovation de l’école Georges Brassens prévoit l’installation de panneaux solaires ainsi que de vitres solaires pour augmenter la capacité énergétique du bâtiment.

La vitre solaire va-t-elle remplacer le panneau solaire ?

Une vitre solaire offre un rendement de 90 Watts maximum par mètre carré de vitre. C’est moins qu’un panneau solaire, qui peut atteindre 170 Watts. Mais la vitre solaire n’a pas été pensée pour détrôner le panneau photovoltaïque, plutôt pour le compléter. Dans la logique énergétique actuelle, les constructeurs cherchent à améliorer la performance énergétique des bâtiments. Selon les zones géographiques, il est plus difficile de construire des bâtiments à énergie positive. C’est notamment le cas dans les zones urbaines, où la surface de toiture est trop limitée par rapport au nombre de consommateurs à alimenter.

Autre élément important : pour que la vitre solaire se développe, il va d’abord falloir que la technologie devienne moins coûteuse pour les consommateurs qui veulent équiper leur habitation. Pour l’instant, il faut compter entre 200 et 700 euros du mètre carré de surface vitrée, selon les performances de la vitre solaire.

Prochaine étape : la vitre chauffante

Mais la production d’électricité n’est pas la seule piste envisagée pour utiliser intelligemment l’espace vitré de nos fenêtres. L’entreprise française VitrumGlass est la première à avoir mis au point une fenêtre chauffante. Cette nouvelle vitre est équipée d’une surface intérieure couverte de micro particules ferriques. Elles captent la chaleur du soleil et la font rayonner à l’intérieur de l’habitation. La vitre est dotée d’un capteur pour piloter l’installation. L’utilisateur contrôle l’ouverture et la fermeture des fenêtres en optimisant ainsi son système de chauffage. Encore mieux : cette vitre intelligente est capable de détecter les chocs et les tentatives d’effraction. Elle est commercialisée depuis octobre 2017, et il faut compter 600 euros du mètre carré.